D-DAY

OPERATION OVERLORD


Le 6 juin 1944, les alliés débarquent sur les plages de Normandie. Préambule d’une offensive phénoménale qui mettra un terme à l’occupation nazie.

 

 

Voici le résumé de cette journée historique

 

 

Message d’Eisenhower avant l’assaut :

« Soldats, Marins et Aviateurs des Forces Expéditionnaires Alliées !
Vous êtes sur le point de vous embarquer pour la grande croisade vers laquelle ont tendu tous nos efforts pendant de longs mois. Les yeux du monde sont fixés sur vous. Les espoirs, les prières de tous les peuples épris de liberté vous accompagnent. Avec nos valeureux alliés et nos frères d’armes des autres fronts, vous détruirez la machine de guerre Allemande, vous anéantirez le joug de la tyrannie que les nazis exercent sur les peuples d’Europe et vous apporterez la sécurité dans un monde libre.
Votre tâche ne sera pas facile. Votre ennemi est bien entrainé, bien équipé et dur au combat. Il luttera sauvagement.
Mais nous sommes en 1944 ! Beaucoup de choses ont changé depuis le triomphe nazi des années 1940-41. Les Nations-Unies ont infligé de grandes défaites aux Allemands, dans des combats d’homme à homme. Notre offensive aérienne a sérieusement diminué leur capacité à faire la guerre sur terre et dans les airs. Notre effort de guerre nous a donné une supériorité écrasante en armes et munitions, et a mis à notre disposition d’importantes réserves d’hommes bien entrainés. La fortune de la bataille a tourné ! Les hommes libres du monde marchent ensemble vers la Victoire !
J’ai totalement confiance en votre courage, votre dévouement et votre compétence dans la bataille. Nous n’accepterons que la Victoire totale !
Bonne chance ! Implorons la bénédiction du Tout-Puissant sur cette grande et noble entreprise. »

 


LE MUR DE L’ATLANTIQUE

 

Generalfeldmarschall  Erwin Rommel

Erwin Rommel est un officier allemand de la Seconde Guerre mondiale, né le 15 novembre 1891 à Heidenheim et mort le 14 octobre 1944 à Herrlingen. Très respecté par les Alliés, il brille par son sens tactique et ses offensives qui lui vaudront d'être rapidement reconnu par ses supérieurs. Le "Renard du désert" dirige le corps expéditionnaire d'Afrique du Nord de 1941 à 1943, l'Afrikakorps. Il est réputé être l'un des rares généraux du Troisième Reich à n'avoir pas commis de crime de guerre ou de crime contre l'humanité.

 

Rommel est responsable d’un secteur à haut risque: la côte normande ! Pour prévenir la possibilité d’un débarquement massif des alliés, l’organisation militaire Todt a mis au point un système défensif : le Mur de l’Atlantique.

Face à l’Angleterre et tout le long de la manche le système défensif a été mis en place: les plages sont défendues avec des Hérissons tchèques, des mitrailleuses, des barbelés, des blockaus, des hommes expérimentés en artillerie. On fait inonder les prairies qui peuvent servir de lieu d’atterrissage aux parachutistes alliés et on pose des centaines de pieux verticaux (les « asperges » de Rommel) pour contrarier l’atterrissage des planeurs. Rommel sait qu’il lui faudra conserver ce point stratégique nécessaire à la victoire finale nazie sur l’ennemi. Il inspecte sans cesse les installations et veille à la motivation de ses troupes.

Les ressources en matériel de guerre sont stationnées sur les fronts en Russie et en Italie. L’organisation Todt récupère du matériel dans toute l’Europe : elle fait venir des tourelles de chars français, des portes blindés belges… pour les installer en bordure des plages normandes.

 

Rommel lors d’une inspection du dispositif de défense du mur de l’atlantique. On distingue ses « Asperges » disposées sur la plage.

 

Tout cela est complété par des stations de radars ou d’écoute, des canons antiaériens et trois batteries d’artillerie pour couvrir le large. Elles sont placées à Merville (map Mohaa), à la Pointe du Hoc (map Mohaa) et Saint-Marcouf. Plus loin dans les terres 3 divisions blindées et un régiment de parachutistes sont là en renfort.

 

Le système défensif de Rommel est en place. Les soldats sont à l’affut du moindre mouvement au large des plages. L’attente commence…

 


PREPARATIFS ET STRATEGIE DE DESINFORMATION

Créé en décembre 1943 le SHAEF est l’état-major interallié chargé de la préparation puis de la conduite de l’opération Overlord. De gauche à droite: le lieutenant-général Omar Bradley, commandant en chef du 12e Groupe de l’armée des États-Unis; l’amiral sir Bertram H Ramsay, commandant de la marine alliée en chef, Corps expéditionnaire; le maréchal en chef de l’aviation sir Arthur W Tedder, commandant suprême adjoint, Corps expéditionnaire; le général Dwight D Eisenhower, le commandant suprême de la Force expéditionnaire; le général sir Bernard Montgomery, commandant en chef du 21e Groupe de l’Armée de terre; le maréchal en chef de l’Air sir Trafford Leigh-Mallory, commandant de l’Aviation alliée, Corps expéditionnaire et le lieutenant-général Walter Bedell Smith, chef d’état-major du général Eisenhower.

 

Les préparatifs du débarquement en Normandie avaient commencé à la fin de 1943:

  • construction de péniches de débarquement et d’éléments de ports préfabriqués;
  • étude des problèmes posés par le ravitaillement, avec construction d’un oléoduc;
  • concentration et entraînement des troupes, élaboration d’un plan à la fois extrêmement complexe et soigneusement minuté;
  • destruction par l’aviation des voies ferrées, ponts, canaux et moyens de transport;
  • encadrement et armement des Forces françaises de l’intérieur par des équipes d’officiers spécialisés dites «Jedburgh»;
  • intensification du «renseignement» pour prendre la mesure des défenses allemandes.

 

Eisenhower confie à Patton le commandement de la 3ème armée américaine. Si elle n’a pas participé aux premières vagues de l’Opération Overlord, elle fit rapidement ses preuves sur le terrain. Le lieutenant-général George Patton a été l’un des plus grands promoteurs de la guerre de blindés. La 3ème armée fut envoyée en France, juste après la percée de Normandie. À peine débarquée sur le sol européen, elle s’est élancée à travers la France.

La renommée dont jouit Patton chez les Allemands en fait un des atouts majeurs du plan d’intoxication allié (opérations Bodyguard et Fortitude).

L’opération Bodyguard (garde du corps) fut un plan de diversion générale, initié en 1943 par les Alliés et destiné à tromper les armées de l’Axe en Europe pour 1944. Le principal objectif était de cacher les intentions d’invasion de la France par le nord et le sud (respectivement opération Overlord et opération Dragoon).

L’opération Fortitude (courage en anglais) fut le nom de code pour des opérations de désinformation et de diversion menées par les Alliés dans le but de cacher aux Allemands que le lieu du débarquement serait la Normandie, en leur faisant croire qu’il serait effectué ailleurs (Norvège ou Pas de Calais). Une fois celui-ci lancé, leur faire croire, afin de retarder l’arrivée des renforts allemands, que ce n’était qu’un débarquement de diversion, le véritable débarquement devant avoir lieu ailleurs).

 

Char gonflable mis au point par les Alliés dans le cadre de l’Opération Fortitude.

 


LE JOUR J !

Retardée une première fois en raison du mauvais temps, les bateaux déjà partis étant obligés de tourner en rond sur place, l’opération est fixée au 6 juin, bien que les conditions météorologiques ne se soient pas améliorées. Avant le débarquement allié sur le front Ouest, le groupe d’armées B, du maréchal Rommel, qui s’étend des Pays-Bas à la Loire, compte 63 divisions, dont 11 blindées.

 

Parachutage des équipes d’éclaireurs britanniques à 23h55 le 5 juin, dont la mission est de baliser les zones de saut des parachutistes.

 

 

 

0h10 : les éclaireurs des 101ème et 82éme Airborne sautent entre Sainte Mère Eglise (map Mohaa) et Carentan.

 

 

 

0h11 : les parachutistes allemands de la 13ème compagnie du Fallschirmjäger-Regiment 6 rendent-compte de la présence de parachutistes ennemis.

 

 

0h16 : le premier des 3 planeurs Horsa Albermale britanniques transportant les 180 « Ox and Buks » du major Howard se pose à moins de 50 mètres du pont de Bénouville (map Mohaa Pegasus Bridge).

 

Toujours à 0h16 la batterie allemande de Merville est attaquée par 5 bombardiers Avro Lancasters du 7th Squadron de la Royal Air Force.

 

0h20 : Howard et ses hommes prennent d’assaut le pont Pegasus.

 

0h35 : 2 planeurs Horsa se posent à proximité du pont de Ranville, le Horsa Bridge. Le 3ème planeur prévu pour l’opération est porté disparu. Le message « Ham and Jam » (oeufs et jambons), est reçu plus tard à Londres, annonçant que les commandos ont neutralisé les ponts Pegasus et Horsa.

 

 

Le pont de Bénouville, sur l’Orne, rebaptisé du nom de code Pegasus Bridge. On distingue les planeurs Albermale en arrière-plan.

 

Le major John Howard, photographié à proximité de Pégasus Bridge. Il est décédé le 5 mai 1999.

 

Tournage du « Le Jour le plus long » en 1961 au pont de Bénouville

 

Pegasus Bridge de nos jours

 

 Premier objectif à l’est : Couvrir le flanc gauche du débarquement puis neutraliser et détruire la batterie de Merville. C’est la mission du Général Gale et de la 6ème division aéroportée britannique.

 

 

Deuxième objectif à l’ouest : Le général Ridgway et la 82 ème compagnie, le Général Taylor et la 101 ème division aéroportée américaine doivent couvrir le flanc droit du débarquement, neutraliser les sorties de Utah Beach puis prendre Sainte Mère Eglise.

 

0h45 : Plus de 1000 avions et planeurs larguent les 3e et 5e brigades de la 6ème Airborne (commandée par le Gén. Gale). Les sauts se passent mal à cause des conditions atmosphériques critiques et le matériel est en grande partie perdu dans les marais. Malgré tout les premiers sticks commencent à se regrouper au sol. 7990 hommes sont actifs.

 

 

1h00 : Parachutages des 15.000 soldats et officiers de la 82ème Airborne et de la 101ème Airborne mais seuls les 501ème , 505ème, et 506ème Régiments atterissent à peu près sur leur drop zone initiale. Les pertes sont importantes et les marais que Rommel avait fait inonder tuent des soldats (Marais de Carentan). Une partie du 505 PIR est largué sur Sainte Mère Eglise. Pour la mémoire c’est à ce moment là que John Steele, blessé par balle, restera suspendu plusieurs heures au clocher de l’église, avant d’être fait prisonnier!

 

A Sainte-Mère-Eglise un mannequin représente John Steele qui était resté suspendu au clocher de l’église avec son parachute, alors que la bataille faisait rage sous ses yeux.

 

1h00 : le sergent Ludwig Förster découvre l’armada alliée au large de son point fortifié Wn 62, secteur Omaha Beach.

 

 

1h10 : 36 parachutistes français, réunis au sein de 4 équipes, sautent au-dessus de la Bretagne, en forêt de Duault et près de Plumelec.

 

1h30 : les sirènes de la batterie de la Pointe du Hoc sont mises en action pour signaler l’apparition de bombardiers alliés. A 1h50 à Paris, près du Bois de Boulogne, le chef des opérations du Groupe Naval Ouest, l’amiral Karl Hoffman, convoque les différents états-majors suite à l’accumulation des rapports alarmants. Il envoie le message suivant en Allemagne : “Signalez au quartier général du Führer que c’est l’invasion“.

2h15 : L’alerte générale est communiquée à tous les bataillons, aux batteries et à tous les états-majors des régiments.

2h40 : Le Maréchal von Rundstedt signale par radio à la VIIème armée allemande qu’il ne croit pas en un débarquement de grande envergure. 3h30 : le QG de la 91ème DI situé à Picauville signale qu’il est attaqué par l’ennemi.

 

La 91ème division a été formée à Baumholder (Allemagne) en janvier 1944. Après une courte escale à Reims, l’unité est dirigée en Normandie, où elle est affectée à la surveillance du mur de l’Atlantique entre Valognes et Carentan. Son PC est fixé à Picauville (Manche). Elle est baptisée 91ème division parachutiste aux fins d’intoxication des services de renseignements alliés. En juin 1944, ses effectifs dépassent péniblement le nombre de 7000 hommes alors que sa moyenne d’âge atteint largement 35 ans.Le 6 juin 1944, la 91ème division d’infanterie contre attaque vers Sainte Mère Eglise afin de repousser l’assaut des parachutistes de la 82ème Airborne et founira une opposition acharnée. Elle subit des pertes importantes et au bout d’une semaine de combats, le nombre de tués, blessés ou disparus atteindra 2200 hommes, soit le tiers de ses effectifs. Le général Wilhem Falley est tué le 6 juin 1944, dès les premières heures de l’assaut par une patrouille du 508ème rgt parachutistes US, à proximité de Picauville. Il rentrait de Rennes. Ce sera le premier officier général Allemand tué au combat durant la Bataille de Normandie.

 

4h00 : 1000 paras du 505 P.I.R (82è Ab) gagnent Sainte Mère Eglise et prennent le village après de violents combats. La bannière étoilée est hissée à la mairie. Pendant ce temps Hitler se couche à son domicile de Berlin après avoir veillé tard en écoutant du Wagner.

 

4h45 : Prise de la batterie de Merville par les paras Britanniques de la 9e Brigade.

 

 5h00 : A La Madeleine, le sous-lieutenant Arthur Jancke (709e DI Wh) et le major Werner Pluskat (352e DI Wh) voient pour la première fois l’armada alliée à 2 milles au large! Des milliers de navires approchent… A 5h37 les canons de la batterie allemande de Longues-sur-Mer ouvrent le feu en direction du destroyer USS Emmons et de croiseur USS Arkansas.

 

5h50 : 6939 navires se présentent au large des côtes Normandes. Le cuirassé USS Texas fait feu pour la première fois (sur le secteur américain de Omaha).

 

 

5h58 : Tous les navires de guerre ouvrent le feu sur les batteries côtières. Peu de victimes chez les allemands mais beaucoup de soldats sont sous le choc et donc hors combat. Pendant ce temps la première vague d’assaut se rapproche de la plage…

 

6h00 : 1365 bombardiers déversent 4000 tonnes de bombes. Les objectifs prévus sont réalisés, à l’exception d’Omaha Beach (map Omaha Beach 60th) , où les ouvrages bétonnés restent intacts!

 

De 6 à 7 Heures : Les péniches lance-fusées s’approchent des plages et les arrosent de salves de roquettes : 20 000 sur le secteur britannique et 18 000 sur le secteur américain. A 6h15 les péniches de débarquement au large des plages anglo-canadiennes, situées à environ 7 km du rivage, se mettent en direction des plages.

6h30 : Sur Utah tous les bombardements ont cessé. La 4ème division américaine est déviée à la suite d’une erreur à 1800 mètres au sud. Théodore ROOSEVELT décide que les convois suivants débarqueront au même endroit.

 

 


DES ACTES HEROÏQUES

 

6h30 : OMAHA BEACH. La première vague d’assaut du 116ème Régiment de la 29ème division d’infanterie est littéralement laminée. Pertes très importantes sur les secteurs Charlie, Dog et Fox. 27 chars amphibies sur 29 mis à l’eau ont coulé. Les blockhaus ont résisté aux bombardements et les troupes qui débarquent sont soumises à un feu nourri. Les troupes qui continuent d’affluer malgré le feu ennemi sont clouées sur place ou massacrées.

 

 

GI’S américains se frayant un chemin au milieu des obstacles sur la plage d’Omaha, 6 juin 1944.

 

6h40 : le général Dwight Eisenhower se réveille après une courte sieste. Il reçoit un appel optimiste de l’amiral Ramsay qui le rassure.

 

6h45: Utah Beach – Débarquement des 32 chars amphibies du 70ème bataillon Blindé. 28 atteignent le rivage. Omaha Beach : débarquement de la seconde vague d’assaut. Le destroyer H.M.S. Wrestler saute sur une mine dans le secteur de l’Eastern Task Force. Les avions type B-25 des 8ème et 342ème Squadrons de la Royal Air Force (dont le groupe français “Lorraine”) terminent la mise en place d’un écran de fumée qui protège l’armada alliée.

De 7 à 8 Heures : Le maréchal JODL refuse d’envoyer les Panzerdivisionen de réserve sans l’accord d’ HITLER mais il refuse de le réveiller. HITLER s’est couché à 4 heures du matin et à donné l’ordre de ne le réveiller qu’à 9 heures.

 

 

7h11 : Les 225 rangers du colonel RUDDER prennent d’assaut le flanc est de la falaise de la Pointe du HOC afin de neutraliser la batterie située à son sommet. L’assaut de cette falaise de 30 mètres de haut était nécessaire pour réduire au silence la batterie de canons de 155mm située à son sommet et qui menacait les plages de UTAH et OMAHA. 20 minutes après le début de l’assaut les casemates sont prises aux allemands; inutilement car les canons avaient été déménagés. Ils seront retrouvés à 1100 mètres de là, bien camouflés et seront détruits. Pendant 36 heures les 155 rangers valides vont résister à la violente contre-attaque allemande. Seuls 90 soldats sortiront indemnes de cet exploit héroïque.

 

 

 

7h25 : Assauts simultanés par les troupes Anglo-Canadiennes à Gold, Juno et Sword (map Mohaa Sword Beach). Sur les trois plages, si les pertes matérielles sont élevées, les objectifs semblent pouvoir être atteints dans les délais. Les forces Françaises déployées sur Sword Beach sont composées de deux troupes et une section et sont au nombre de 177 militaires (1er Bataillon de Fusiliers Marins), commandés par le commandant Philippe Kieffer.

 

 


Les forces françaises lors de l’offensive !

On relate fréquemment la minceur extrême des effectifs français engagés le 6 juin : les 177 membres du commando Kiefer, certains parachutistes des équipes Jedburgh largués sur la Bretagne, les marins des deux navires présents au large des plages. C’est tout.

La moquerie est injuste. D’abord, les hommes de Kiefer, intégrés dans les troupes d’élite de lord Lovat, férocement entraînés pendant deux ans par leur chef, ont atteint tous leurs objectifs, notamment le casino d’Ouistreham, transformé en bunker par les Allemands et pris au matin du 6 juin. Sur les 177 hommes de Kiefer, 153 furent tués ou blessés pendant la bataille de Normandie.

 

 

Le commando Kieffer progresse dans Ouistreham, après les combats du 6 juin 1944.

 

Ensuite, il était convenu que les soldats français, recrutés surtout en Afrique du Nord, combattraient en Italie, avec l’armée qui affrontait les Allemands dans la péninsule. Nombreux, bien entraînés, bien commandés, mélangeant troupes coloniales et combattants musulmans, ces soldats jouèrent un rôle important dans la Libération. Beaucoup se couvrirent de gloire à la bataille du Monte Cassino ou pendant le débarquement de Provence.

La Résistance française, enfin, aida au succès d’Overlord. Sa force militaire était réduite. En revanche, les actions de renseignement et de sabotage effectuées par « l’armée des ombres » furent précieuses. Grâce aux résistants, les Alliés connaissaient en détail les fortifications du mur de l’Atlantique. Au jour J, la coupure des communications et le sabotage des chemins de fer désorganisèrent la riposte allemande. Enfin, l’insurrection, souvent prématurée, lancée dès le 6 juin dans toute la France, gêna l’acheminement des renforts allemands vers les plages normandes. Aux Glières, sur le plateau du Vercors, à Oradour ou à Tulle, maquisards et civils payèrent le prix du sang.

 


7h30 : Arrivée de la seconde vague d’assaut à Omaha Beach mais sans qu’elle puisse progresser. Des destroyers et des péniches lance-fusées s’approchent de la plage pour détruire les blockhaus allemands. Les pertes sont énormes.

 

De 8 à 9 Heures : A UTAH BEACH l’offensive commence. Sur GOLD, JUNO et SWORD les britanniques, canadiens et français nettoient les plages et commencent leur progression vers l’intérieur des terres.

 

Utah Beach

 

Vers 8h30 : Richard Winters se lance à l’assaut du Manoir de Brécourt et ses quatre canons de 105mm reliés entre eux par un réseau de tranchées, défendus par un peloton de soldats allemands. Cette attaque avait été si parfaitement menée qu’elle continue d’être enseignée à l’Académie militaire de West Point. L’assaut du manoir de Brécourt est représenté dans l’épisode 2 de la fabuleuse série télévisée « Band of Brothers » qui retrace l’histoire de la Easy Company pendant la Seconde Guerre mondiale. Lien vers la map Mohaa Band of Brothers – Brecourt Manor + récit détaillé de cette attaque.

 

8h30 : Omaha Beach. Interruption temporaire du débarquement faute de place sur la plage. Les Allemands croient pendant quelques minutes à la victoire.

9h15 : HITLER est réveillé. Il dira : « Enfin, on va pouvoir en découdre ! ». Il écoute les derniers communiqués avant de convoquer KEITEL et JODL.

 

9h17 : Publication du Communiqué N°1 : “Sous le commandement du général Eisenhower, des forces navales alliées, appuyées par de puissantes forces aériennes, ont commencé le débarquement des armées alliées ce matin sur la côte du nord de la France”.

 

9h20 : les navires au large d’Omaha Beach organisent un nouveau tir de barrage sur les défenses allemandes, demandé par le général Huebner, au risque d’atteindre les soldats américains. Il dure vingt-cing minutes.

 

9h30 : les Rangers ont investi la pointe du Hoc après avoir repoussés une contre-attaque menée par la première compagnie du 916ème régiment d’infanterie.

 

10h : Omaha beach. Des officiers regroupent des unités et avancent parmi les obstacles et les champs de mines pour chercher une issue et sortir de cet enfer. Le colonel G.TAYLOR prononce sa fameuse phrase : « Deux sortes de gens vont rester sur cette plage, ceux qui sont morts et ceux qui vont mourir. Foutons vite le camp d’ici! « . Deux mille morts et blessés gisent sur la plage, mêlés aux noyés que la marée montante rejette.

10h50 : Gold est conquise, au prix de 400 soldats hors de combat.

 

 

12h : A Londres, Winston Churchill annonce le débarquement au parlement.

 

12h : Les quatre sorties de la plage d’UTAH BEACH sont aux mains des parachutistes de la 101ème Airborne. Pointe du Hoc : le colonel Rudder transmet en morse le message “Arrivés à la Pointe du Hoc. Mission achevée. Avons besoin urgent munitions et renforts. Beaucoup de pertes.” A 12h14  – Omaha Beach : les Américains ont atteint l’église de Colleville-sur-Mer.

De 12 à 13 Heures : Le mur de l’atlantique semble quasi défait par les alliés.

 

15h : environ 80 résistants français ont été abattus à la prison Caen par la Gestapo, faute d’avoir pu être déplacés (les premiers à compter de 10h00, les suivants pendant l’après-midi).

 

15h30 : Omaha Beach. Hein Severloh, dernier défenseur du point de défense Wn 62, abandonne son poste après avoir tiré 12 500 coups avec son fusil K98 et sa mitrailleuse MG 42.

 

 

17h : Omaha Beach. Le clocher de l’église de Saint-Laurent-sur-Mer, qui contient des tireurs d’élite allemands, est détruit par l’artillerie américaine. A 17h30 le discours du général de Gaulle (“La bataille suprême est engagée !…“) est diffusé sur la BBC.

 

18h : le bâtiment de guerre français Georges-Leygues ouvre le feu sur la batterie de Longues-sur-Mer, à l’ouest de Gold Beach (qui venait d’attaquer les navires alliés) qui plonge le site dans le silence.

 

De 18h à minuit : La bataille s’arrête au coucher du soleil. Mais l’aviation de nuit lance des bombes éclairantes pour empêcher les renforts allemands de cadenasser les zones conquises.

 

18h : JUNO BEACH. Reddition de la garnison allemande.

 

 

 

21h30 : Le général Montgomery s’embarque à Porsmouth pour prendre le commandement de ses troupes. Il débarquera le 8 juin au matin. Cinq jours plus tard, le Général De Gaulle prendra pied sur le sol de France à Graye/mer.

 

 

21h30 : le Maréchal Rommel arrive à son poste de commandement après un voyage en voiture de près de 800 kilomètres.

 

 

Le port artificiel d’Arromanches est en cours d’installation. Caen n’est pas encore prit et la liaison entre les plages pas établie.

 

 

Groupe de parachutistes de la 101e division aéroportée brandissant leur trophée, un drapeau nazi à Saint-Côme-du-Mont.

 

Le général Bernard Law Montgomery, commandant du 21st Army Group, assis sur un tabouret pliant, lors de sa première conférence de presse en Normandie le 11 juin.

 


Le port d’Arromanches (Port Mulberry)

Pour faciliter l’acheminement du matériel et des soldats en Normandie, les Américains et les Britanniques ont construit 2 immenses ports artificiels en quelques jours.

 

Au premier plan : le brise-lames des caissons phoenix et des blockships. Plus loin le quai flottant et les routes flottantes.

 

Dès le lendemain du débarquement, des remorqueurs arrivent en vue des plages normandes. Ils transportent des caissons Phoenix, d’énormes cubes creux en béton armé qui, une fois immergés, se remplissent d’eau. Des centaines de ces caissons sont plongés dans la mer pour former une digue.

 

 

Des vieux bateaux, surnommés « gooseberries » (groseilles), sont également coulés. Il s’agit de bâtir des digues pour arrêter les vagues et les marées qui gênent le débarquement de milliers de tonnes de matériels. Des quais sont aménagés à plusieurs centaines de mètres des plages normandes et ils sont reliés à la terre par des routes flottantes !

 

Vue virtuelle du fameux « Port Mulberry »

 

Ils accueillent une ronde incessante de navires qui débarquent des soldats et du matériel. Mais le 19 juin, une tempête imprévue provoque de gros dégâts. Le port construit par les américains est complètement détruit (celui devant Omaha Beach) tandis que le port britannique (Arromanches) est sérieusement abîmé… mais réparé en quelques jours.

 

La plage d’Arromanches présente encore de nombreux vestiges du « Port Mulberry ».

 


LE DEBARQUEMENT EN COULEUR (Marina Amaral)


APRÈS LE DEBARQUEMENT


ETAT DES LIEUX DES FORCES EN PRESENCE EN JUIN 44

Le 6 juin 1944, 156 000 soldats alliés, américains, britanniques, français et canadiens pour l’essentiel, foulent le sol de Normandie.

20 000 : le nombre de véhicules débarqués.

6 480 : le nombre de navires utilisés par les Alliés pour le Débarquement.

1 900 : le nombre de planeurs et d’avions employés pour parachuter environ 18000 hommes sur les terres normandes.

80 km : longueur totale des côtes normandes envahies par les soldats alliés.

 

Face à eux, retranchés derrière les blockhaus du Mur de l’Atlantique ou stationnés en retrait dans les terres, les 105 000 hommes de l’armée d’occupation allemande. Avec la menace du débarquement, elle a été renforcée et compte à présent 10 Divisions dans les 2 départements du Calvados et de la Manche.
Les résistants FFI (Forces Françaises de l’intérieur) font également partie intégrante des opérations militaires. Leur nombre est estimé à 100 000 en janvier 1944 contre 200 000 en juin, lors du débarquement.
Et puis il y a toute la population bas-normande, spectatrice et victime involontaire du plus grand déferlement d’armes et de matériels de guerre de l’ère moderne, bombardée à de multiples reprises pour paradoxalement lui permettre de recouvrer sa liberté.
Durant les 3 mois de « la bataille de Normandie », les belligérants comme les civils vont payer un lourd tribut au conflit.

 

L’impressionnant déferlement de troupes et de véhicules sur Omaha beach.

 

BILAN DES PERTES HUMAINES AU SOIR DU D-DAY

– Pertes américaines : 6 603 hommes
– Pertes britanniques :  3 000 hommes
– Pertes canadiennes : 946 hommes
– Pertes françaises (commando Kieffer) : 10 hommes tués
– Pertes de la résistance : 124 prisonniers, tués, blessés et disparus
– Pertes allemandes : 6 500 hommes

 

Tombe de Preston Niland, l’un des frères Niland dont l’histoire à inspiré le film « Il faut sauver le soldat Ryan ».

 

Au cœur des plages du débarquement de Normandie, le cimetière américain de Colleville sur Mer surplombe la plage d’Omaha Beach.

 

Le soleil se lève sur une jeep utilitaire utilisée pendant la Seconde Guerre mondiale, sur la plage de « Utah Beach » à Sainte-Marie-du-Mont, le 6 juin 2019, lors des célébrations marquant le 75e anniversaire des débarquements du jour J. (Photo par JEAN-FRANCOIS MONIER / AFP)

 

BILAN DE LA CAMPAGNE DE NORMANDIE

Entre le 6 juin, date du débarquement sur les plages et le 1er septembre 1944 et la prise de Dieppe, la bataille de Normandie a durement éprouvé la région et ses populations. Après l’installation réussie d’une tête de pont sur les côtes du Calvados et de la Manche, les alliés vont devoir affronter les allemands qui se sont réorganisés, sur un terrain qui s’avère difficile pour l’ensemble des belligérants : le bocage normand !
Les combats font rage et sont sans concession de part et d’autre. La percée d’Avranches, la contre-offensive allemande de Mortain, la bataille de la poche de Falaise sont autant de repères jalonnés de morts et de destructions.

– Chez les alliés 2 052 299 soldats ont été engagés dans la bataille de Normandie, on dénombre 37 000 tués et 163 000 blessés.

– Côté allemand, le bilan est encore plus lourd. 80 000 soldats sont tués ou disparus et 170 000 sont blessés. 200 000 autres sont faits prisonniers. 35 des 40 divisions engagées (450 000 hommes) sont mises hors d’état de combattre. Les états majors sont désorganisés. Pas moins de 20 commandants d’armées sont tués ou prisonniers. 3 officiers supérieurs sont blessés parmi lesquels le Maréchal Rommel, après que sa voiture ait été mitraillée.

 

ET LES POPULATIONS CIVILES…

En plus des opérations terrestres, les bombardements des colonnes allemandes par l’aviation alliée entraînent des effets collatéraux importants sur la vie des populations civiles. Si les principales villes normandes, Caen, Saint-Lô, Le Havre ressemblent à des champs de ruines, nombre de villages et hameaux de la campagne sont également détruits presqu’entièrement.

 

Saint-Lô, détruite à 95 % après les bombardements de 1944, surnommée capitale des ruines.

 

Au final, il est très compliqué de déterminer exactement le nombre de victimes civiles de la Bataille de Normandie. Certains chiffres laissent entendre qu’elle aurait provoqué la mort de quelques 20 000 civils.Dans les trois départements bas-normands, on compterait prés de 8 000 morts dans le Calvados, un peu moins de 4 000 dans la Manche et environ 2 000 dans l’Orne.
En Haute Normandie, 5 370 personnes auraient été victimes des bombardements, auxquelles il faut ajouter 380 disparus (source CNRS).
Pour l’historien anglais, Anthony Beevor, il y a eu autant de civils que de soldats tués le jour du débarquement et avec les victimes de la bataille de Normandie, on serait plus près des 35 000 victimes.
Selon l’historien Henri Amouroux enfin, 50 000 normands au total auraient perdu la vie durant toute cette période (Tome 8 de « La Grande Histoire des Français sous l’Occupation »).

 

CAEN

 

Quels que soient les chiffres et leur précision, il reste que la période du débarquement puis de la bataille de Normandie ont eu des conséquences dramatiques pour la population normande, ce que la liesse de l’arrivée des troupes libératrices est parvenue à masquer au reste de la population française, du moins dans l’immédiat après-guerre.

 


Quelques superbes images en vidéo sur les plages du débarquement.

 


LE DEBARQUEMENT EN PROVENCE

 

Le 15 août a eu lieu en Provence le deuxième débarquement allié. Cette opération a été longtemps refusée par Churchill, qui préconisait une poussée à partir de l’Italie en direction des Balkans, appelés curieusement par lui «le ventre mou de l’Europe». Les Américains refusèrent le plan de Churchill, et le corps de débarquement, sous le haut commandement de sir Maitland Wilson, comprenant la Ire armée française commandée par Jean de Lattre de Tassigny.
Dans la nuit du 14 au 15, les commandos immobilisent les batteries de la côte. Au lever du jour, les formations aéroportées sont lâchées au nord des Maures. Puis les premières vagues d’assaut américaines s’emparent rapidement des régions de Saint-Tropez, Sainte-Maxime et Saint-Raphaël. Le lendemain débarquent trois divisions françaises qui marchent sur Toulon. Le 18 août, le commandant allemand ordonne la retraite. Le 28 août, les garnisons allemandes de Toulon et Marseille déposent les armes.

 

Le Pfc Joseph E. Day (de Belloire, Ohio) tient un chiot nommé « Invasion » dans un casque allemand. Photo prise le 14 juillet 1944.

 


SOURCES, LIENS ET VIDEOS

Un document avec une belle infographie, des tonnes de renseignements à glaner, avec vidéos, photos, sons…

6 thoughts on “D-DAY

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    1. Merci LeBleu !!! Ça fait plaisir ces retours car, je l’avoue, j’ai passé un temps fou pour réunir les infos et les mettre en page. Si je m’écoutais j’en mettrais encore plus mais au final l’article est déjà assez long lol C’est passionnant à faire… Visiblement ça t’a intéressé, c’est ça le plus important 😉

  2. Je ne me lasse pas de relire l’histoire de cette journée du D-DAY.
    Moi qui ai visité les plages du débarquement avec tous les musées et endroits possibles à voir.
    J’y retournerais.

    1. J’ai eu l’occasion de visiter également, pas tout évidemment, mais tout comme toi j’y retournerais et j’en repartirais ému, comme d’habitude…

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